Pignatelli
Marsiconovo, Moliterno
- Princes de Moliterno
- Princes de Marsiconovo
Les Pignatelli, ancien patriciat napolitain, furent Princes de Marsiconovo et, à partir de 1743, Princes de Moliterno en Basilicate. Par le mariage de 1796 entre Maria Emanuela Pignatelli, héritière, et Giuseppe Gerardo Gallone, les fiefs et titres méridionaux passèrent à la Maison Gallone.
« Feliciorem »Plus heureux
Les Pignatelli constituent une noble famille sicilienne, napolitaine et des Pouilles, parmi les plus puissantes du Royaume de Naples. Pour justifier les armoiries et le nom, certains érudits racontent qu’un Landolfo, combattant en Orient pour le Roi Roger le Normand, lors de l’assaut donné au Palais Impérial de Constantinople, en serait ressorti avec trois vases ou marmites (pignatte) d’argent enfilés à la pique, et en aurait pris les armoiries pour ses descendants. Cette thèse a été récemment corroborée par la découverte d’un document des Archives Pignatelli de Monteroduni, où l’on lit que deux « Pignatelli », orti a nobile sanguine, fournirent vers 1500 soldats pour le certamen de la première croisade en 1094, ce qui explique logiquement le « droit de pillage » des trois marmites d’argent. D’autres auteurs veulent qu’un Gisulfo, commandant quelques navires pour le Roi Roger contre les Grecs à Négrepont, ait remporté la victoire grâce au feu lancé sur l’ennemi, enfermé dans des marmites.
De cette grande Maison historique, on a des mémoires documentées dès 1102 avec Lucio Pignatelli, Connétable de Naples. D’un Riccardo, qui vivait en 1250, descendit en ligne directe Tommaso, Gouverneur d’Atri en 1431, et de ses trois fils — Carlo, Stefano et Palamede — les Lignées principales.
La lignée de Carlo (n. 1421, † 1476) s’éteignit avec Geronima (n. 1599, † 1667), Princesse du Saint-Empire romain, 5e Duchesse de Monteleone, Comtesse de Borrello, Vice-Reine d’Aragon en 1655, fille d’Ettore III (n. 1572, † 1622), 4e Duc de Monteleone et Vice-roi de Catalogne, et de Caterina Caracciolo, Comtesse de Sant’Angelo dei Lombardi. Cette lignée se réunit à la Lignée de Cerchiara et Noja, par le mariage de Geronima avec Fabrizio Pignatelli, 5e Marquis de Cerchiara et 3e Prince de Noja, qui hérita de son épouse le Duché de Monteleone, le Comté de Borrello, la Baronnie de Mesiano et Rosario, et le Comté de Sant’Angelo dei Lombardi.
La descendance de Stefano donna naissance aux Lignées des Marquis de Casalnuovo, des Ducs de Montecalvo et des Princes de Monteroduni. La lignée de Casalnuovo s’est éteinte au milieu du siècle dernier, et le « Colonnel de la Maison » est actuellement Giovanni Pignatelli della Leonessa (n. 1920), 8e Prince de Monteroduni, 4e Prince de Sepino, Comte de Tuhegl, Duc de Castoria, Baron del Gallo, Patricien Napolitain.
Avec Giacomo († 1539), fils de Palamede, commença la lignée de Cerchiara et Noja. Le Marquisat de Cerchiara fut concédé en 1556 à Fabrizio I († 1567), Vice-roi de Calabre, 2e Seigneur de Noja, fils de Giacomo. La Principauté de Noja fut concédée en 1600 à Fabrizio II, 3e Marquis de Cerchiara.
La branche aînée de la Lignée de Cerchiara et Noja antéposa le nom et les armes « Aragona Cortez » par les pactes nuptiaux de 1639, dans lesquels il fut établi que la descendance d’Ettore Pignatelli, Marquis del Vaglio, et de Giovanna Tagliavia Aragona Cortez, devrait s’appeler « Aragona Pignatelli Cortez ». Par ce mariage entrèrent dans la succession le Marquisat d’Avola, la Principauté de Castelvetrano, le Duché de Terranova et le Comté de Borghetto. Le titre de Prince du Saint-Empire fut concédé en 1648, avec succession masculine et féminine, au père de Giovanna, Diego Tagliavia Aragona Cortez. Giovanna Tagliavia elle-même, par la succession de sa mère, Stefania Carrillo Cortez, petite-fille de Ferdinand Cortez, Conquérant du Mexique, hérita des titres de Marquise du Valle de Oaxaca et de Comtesse de Priego.
Par le mariage de Nicolò Pignatelli (n. 1648, † 1730), Vice-roi de Sardaigne et de Sicile, frère cadet de Fabrizio III, 5e Marquis de Cerchiara et 3e Prince de Noja, avec sa petite-nièce (!) Giovanna II Aragona Pignatelli Cortez (n. 1677, † 1723), tous les titres de la Maison furent hérités par l’aîné, Diego.
À cette Lignée appartient le Pontife Innocent XII (1691-1700), de son vrai nom Antonio Pignatelli (n. 1615, † 1700), des Marquis de Spinazzola.
Les Possessions
Plus de 179 fiefs, dont les principaux : Amendolara, Bellizzi, Briatico, Caiazzo, Castellammare del Golfo, Carpineto, Ferolito, Ferrandina, Gallo, Guastalla, Leveranno, Maddaloni, Melfi, Novi, Nusco, Orta, Palma, Pisciotta, Regina, Sant’Angelo, Sant’Eufemia, Scafati, Summonte, Taurasi, Torritto, Tufara, Trecase, Veglie, …
18 Comtés : Acerra, Borghetto (1564), Borrello (1506), Cerinola, Cerignola, Copertino (1557), Egmont, Fuentes, Melissa, Mesagne, Montavano, Monteleone, Priego, San Giovanni Lappione (1618), Sant’Angelo dei Lombardi (1508), San Valentino, Tuehgl (1715), Vaglio.
22 Marquisats : Argensola, Avola, Caronia, Casalnuovo (1630), Cerchiara (1556), Collelongo (1735), Colletorto (1712), Favara (1559), Galatone (1562), Lauro, Moio, Padula, Paglieta (1603), Sambuca, San Giovanni, San Vincenzo, Spinazzola (1586), Tertiveri, Trentola, Tufara, Vaglios, Valle de Oaxaca (1547) (avec les Seigneuries au Mexique de Caro, Cotaxilla, Coyocan, Cuernavaca, Etla, Nico, Sancta Maria, Sant’Anna, Tambaya, Tapulia, Tuxilla).
17 Duchés : Acerenza (1593), Alliste, Bellosguardo, Bisaccia (1600), Caivano, Castoria (1715), Corigliano d’Otranto (1798), Girifalco, Montecalvo (1611), Monteleone (1533), Rocca Mondolfa, San Demetrio (1735), San Marco, San Martino (1621), San Mauro, Terranova (1561), Tolve (1678).
14 Principautés : Belmonte (1619), Castelvetrano (1564), Marsiconuovo (1677), Minervino (1624), Moliterno (1743), Monasterace, Montecorvino (1650), Monteroduni (1702), Muro Leccese (1798), Noja (1600), Racale, Supino (1627), Valle.
Divers : Les Pignatelli ont eu la qualité de Nobles à Rome, Venise, en Sicile, en Espagne et au Mexique. Ils ont porté l’habit de Malte dès 1420 et occupé de hautes charges dans l’Église et dans l’État. Décorés de la Toison d’Or dans les branches de Monteleone-Terranova et de Strongoli, et du Grandat d’Espagne de première classe dans les lignées de Monteleone-Terranova, Belmonte, Strongoli, Fuentes. Princes du Saint-Empire dans les branches de Belmonte (1723), Monteleone-Terranova, Strongoli, Fuentes et Cerchiara (1648).
Les Pignatelli de Marsiconovo et de Moliterno
La lignée qui converge dans les Princes de Tricase descend par voie féminine des Pignatelli, Princes de Marsiconovo (depuis 1677) et de Moliterno (depuis 1743), dont la branche s’éteint avec Maria Emanuela Pignatelli (1775–1818), héritière des deux Principautés, qui porte les deux titres dans la Maison Gallone en épousant Giuseppe Gerardo Gallone, 6e Prince de Tricase.
La Maison tire son origine, selon les anciennes généalogies, des De Domna Maria documentés à Naples dès le XIe siècle, de Sergio à travers Giovanni et Landolfo « Pignatello » — surnom dont, à la suite des exploits en Orient de Landolfo pour le Roi Roger le Normand et du « droit de pillage » des trois marmites d’argent prises à l’assaut du Palais Impérial de Constantinople, dérive le nom Pignatelli, définitivement adopté à partir de la génération de son fils Landolfo.
La lignée se poursuit avec Ruggero († 1278), Landolfo « Puzzetto » Patricien de Naples, Riccardo « de Caserta », Giacomo, Tommaso (Gouverneur d’Atri en 1431) et ses trois fils Carlo, Stefano et Palamede, fondateurs des trois lignées principales de la Maison. De la lignée de Palamede descendent Giacomo († 1539), Fabrizio I (1er Marquis de Cerchiara 1556, Vice-roi de Calabre) et Lucio, qui en consolident la primauté napolitaine.
Pour la branche qui converge dans les Princes de Tricase, les figures centrales sont Giovanni Battista I Pignatelli (Prince de Marsiconovo depuis 1677), Girolamo I et Giovanni Battista III Pignatelli (1737–1812), Prince de Moliterno et de Marsiconovo, ambassadeur du Royaume de Naples en France, marié à Luisa d’Avalos des Princes d’Aquino d’Aragona. D’eux naissent Girolamo III Pignatelli (1773–1848), 3e Prince de Moliterno et 5e de Marsiconovo, et Maria Emanuela Pignatelli (1775–1818), dernière héritière de la double succession princière.
Général de cavalerie, Girolamo III combattit contre les Français et fut l’un des protagonistes de la République napolitaine de 1799 ; il mourut toutefois sans descendance. Ce fut donc sa sœur Maria Emanuela qui recueillit et transmit à la Maison Gallone les Principautés de Moliterno et de Marsiconovo.
Maria Emanuela porte les Principautés de Moliterno et de Marsiconovo dans la Maison Gallone en épousant en 1796 Giuseppe Gerardo Gallone, 6e Prince de Tricase. Des cinq enfants du couple descend Giovanni Battista Gallone (1800–1868), puis Giuseppe, Pietro Giovanni Battista « Gino » et enfin Maria Bianca Gallone (1895–1982), 10e Princesse de Tricase et 7e Princesse de Moliterno, dernière de la Maison Gallone. Ses titres passent par voie maternelle à la Maison Guerri dall’Oro Gallone di Tricase e di Moliterno, actuellement représentée par Simon Guerri dall’Oro Gallone, 12e Prince de Tricase, et par son fils Léon (n. 2018), 13e Prince de Tricase.
La succession : de De Domna Maria à Léon
Pignatelli — de De Domna Maria aux Princes de Tricase
La lignée qui converge en Léon · XIe–XXIe s.

Marsiconovo

Moliterno
Vues historiques des deux Principautés tirées de « Il Regno di Napoli in Prospettiva » de Giovan Battista Pacichelli (1634–1695), publié à titre posthume en 1702.

Le pape Innocent XII.

PAPE INNOCENT XII
Le pape Innocent XII, de son vrai nom Antonio Pignatelli des Marquis de Spinazzola (n. 13.03.1615 à Spinazzola, † 27.09.1700 à Rome), 242e Pape de l’Église catholique, 1691–1700.
Sa lignée directe descend du fondateur de la branche de Cerchiara, Fabrizio I Pignatelli († 1567, 1er Marquis de Cerchiara en 1557), marié à Vittoria Cicinelli des Barons de Carpinone, dont le fils Marzio I († 1601, 1er Marquis de Spinazzola depuis 1586) et le petit-fils Francesco (1588–1620, 4e Marquis de Spinazzola et 1er Prince de Minervino, marié à Porzia Carafa della Stadera des Ducs d’Andria) donnent naissance à Antonio Pignatelli (1615–1700), créé Cardinal en 1681 et Pape sous le nom d’Innocent XII en 1691.
Successeur du pape Alexandre VIII, il naquit à Spinazzola de Francesco, 4e Marquis de Spinazzola, et de Porzia Carafa, Princesse de Minervino Murge. Il fut éduqué au collège des Jésuites de Rome. À vingt ans, il devint un fonctionnaire de la cour du pape Urbain VIII. Sous les papes suivants, il servit comme vice-légat d’Urbino puis comme gouverneur de Pérouse.
Patricien Napolitain, Docteur en l’un et l’autre droit, Vice-légat d’Urbino en 1635, Inquisiteur à Malte 1642-1649, Gouverneur de Viterbe en 1648, Référendaire du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique de Grâce et de Justice, Archevêque titulaire de Larissa en 1652, Nonce Apostolique en Pologne 1666-1668, Nonce Apostolique à Vienne 1668-1671, Archevêque (titre ad personam) de Lecce 1671, Secrétaire de la Sacrée Congrégation des Évêques et Réguliers 1673, Préfet du Sacré Palais Apostolique 1675, créé Cardinal-Prêtre le 01.09.1681 (avec le titre de San Pancrazio le 22.09.1681), Archevêque de Faenza 1682, Légat de Bologne 1684, Archevêque de Naples 1685.
À la mort d’Alexandre VIII, survenue le 1er février 1691, le conclave se prolongea pendant cinq mois ; Antonio Pignatelli fut alors élu Pape sous le nom d’Innocent XII le 12.07.1691 (consacré dans la basilique de Santa Maria in Via Lata à Rome le 15.07.1691). Il fut le candidat de compromis entre les cardinaux français et ceux du Saint-Empire romain.
Immédiatement après son élection, il prit position contre le népotisme, qui depuis trop longtemps avait été l’un des grands scandales de l’Église ; la bulle Romanum decet Pontificem, promulguée en 1692, interdisait aux Papes, à tout moment, de concéder propriétés, charges ou rentes à quelque parent que ce soit ; en outre, aucun parent ne pouvait être élevé au cardinalat. Tout au long de son pontificat, il resta fidèle à ce principe ; aucun membre de sa famille n’eut de charge au Vatican, et il refusa même la pourpre cardinalice à l’archevêque de Tarente parce qu’il était son parent. Il nomma en revanche assistant au trône pontifical l’évêque de Spolète, Pietro Gaddi de Forlì. En même temps, il chercha à contrer la vente de charges auprès de la Chambre Apostolique, et introduisit à cette fin à sa cour un style de vie plus simple et plus économe. Il déclara lui-même « les pauvres sont mes neveux », comparant le népotisme de nombre de ses prédécesseurs avec sa politique de bienfaisance publique.
En 1694, il institua la Congrégation pour la discipline et la réforme des Ordres Réguliers, dans l’intention de réformer l’Église vers une plus grande spiritualité.
Innocent fit plusieurs réformes nécessaires et très utiles dans les États de l’Église, et — pour une meilleure administration de la justice — fit ériger le Forum Innocentianum. En 1693, il poussa les évêques français à retirer les quatre propositions liées aux « Libertés gallicanes », qui avaient été formulées par l’assemblée de 1682. En 1699, il prit le parti de Jacques-Bénigne Bossuet, dans la controverse entre ce prélat et Fénelon, au sujet de l’Explication des Maximes des Saints sur la Vie Intérieure écrite par ce dernier.
Sur le plan de la mise en valeur de la ville de Rome et de ses environs, il lança un plan de réhabilitation du port d’Anzio qui desservait la capitale au sud.
En politique étrangère, son pontificat contrasta avec celui d’une série de ses prédécesseurs, par son inclination vers la France plutôt que vers l’Allemagne. Ce pape bienveillant, plein d’abnégation et pieux, mourut le 27 septembre 1700. Clément XI lui succéda.
Après sa mort, son ami, le cardinal don Vincenzo Petra des ducs de Vastogirardi, fit ériger à ses propres frais un monument funèbre en son honneur à Saint-Pierre, au Vatican. Innocent XII fut le dernier pontife à porter barbe et moustache habituellement.


Pour en savoir plus : la famille Pignatelli sur Wikipédia.