Descendance célèbre · Antiquité et Moyen Âge

Gengis Khan.

Temüdjin · 1162 – 1227.

Fondateur de l'Empire mongol. Par son fils aîné Djötchi, sa descendance rejoint — via les Voïvodes de Valachie (Bessarab), les Piast, les Anhalt, les Sinzendorf et les Doria — la lignée principale de la famille Guerri dall'Oro Gallone, avec le mariage-clé d'Andrea Doria et de Maria Giovanna Doria del Carretto en 1758.

1er Grand Khan des Mongols · 1206Clan Qiyat · tribu BorjiginConfluence Doria · 1758

Ascendance Borjigin.

Trois générations du clan Qiyat · 1100–1227
  1. 1
    n. 1100c., † 1147 · des Mongols (Borjigin) · Chef du clan des Qiyat / Kiyad (tribu des Borjigin), Khan des Mongols 1130–1147
    &Goa Kulkua, des Mongols (Qongirat)
  2. 2
    Bartan « Baghatur », « Le Brave »
    des Mongols (Borjigin), des Khans des Mongols
    &Sayn Maral Khayak
  3. 3
    Yesugei « Baghatur », « Le Brave »
    n. 1134c., † 1175 · des Mongols (Borjigin) · Chef du clan des Qiyat / Kiyad (tribu des Borjigin)
    &Höelün, n. 1142c. · des Mongols (Olkhunut)
  4. Gengis Khan (Temüdjin)
    n. 1162, † 1227 · des Mongols (Borjigin) · 1° Khan des Mongols 1187–1206, 1° Grand Khan des Mongols 1206–1227
    & 1181c.Börte Fujin, n. 1166c., † 1224 · des Mongols (Qongirat)

La descendance de Gengis Khan.

Des quatre fils aux dynasties d'Asie et d'Europe
I.
Les quatre fils de Börte

Du mariage avec son épouse principale Börte naquirent quatre fils, à l'origine d'autant de dynasties qui régnèrent de l'Asie centrale à la Chine et à la Perse :

Djötchi (1182–1227), à la paternité problématique, dont descendent les Khans de la Horde d'Or, les Chaybanides et les Astrakhanides ; Djaghataï (1184–1241), dont descendent les Djaghataïdes du khanat de Djaghataï ; Ögödei (1186–1241), successeur désigné au trône impérial ; Tolui (1190–1232), dont descendent les empereurs de la dynastie Yuan en Chine et les Houlagides en Perse.

II.
Le problème de la filiation de Djötchi

La première difficulté qu'on rencontre en essayant de trouver les descendants de Gengis Khan est l'origine de Djötchi, le fils aîné, qui eut beaucoup plus de descendants que tous les autres fils réunis.

Le nom « Djötchi » peut se traduire par « invité imprévu ». L'Histoire secrète des Mongols raconte que le garçon fut envoyé à Gengis Khan par Tchilger, qui avait kidnappé et violé sa femme préférée, Börte, l'ayant maintenue en captivité environ un an. Selon cet ouvrage, les frères de Djötchi émettaient des doutes sur ses origines.

Dans un passage, Djaghatai appelle Djötchi un bâtard, quoique la signification du terme mongol ne soit pas claire. Gengis Khan lui répond « Comment oses-tu parler de Djötchi comme ça ? N'est-il pas l'aîné de mes héritiers ? J'espère ne jamais plus entendre de si vils mots ! ». On trouve à trois reprises la phrase « Djötchi est mon fils aîné » dans la bouche de Gengis Khan.

Les historiens d'aujourd'hui pensent que les doutes sur la paternité de Djötchi sont à l'origine de son éloignement par son père et du fait que ses descendants ne sont pas montés sur le trône impérial. Mais la faillite de la succession de Djötchi pourrait aussi s'expliquer par sa mort prématurée, qui peut avoir favorisé la mise à l'écart de sa progéniture, dont le principal représentant est Batu, conquérant des steppes russes de 1237 à 1240.

III.
Les dynasties asiatiques

Parmi les dynasties puisant leurs origines de Gengis Khan on trouve la dynastie Yuan de Chine, les Houlagides de Perse, les Djöchides de la Horde d'or, les Chaybanides de Sibérie et les Astrakhanides d'Asie centrale.

L'ascendance gengiskanide est généralement cruciale dans la politique tatare. Par exemple, Mamaï dut régner à travers une série de Khans fantoches parce qu'il n'était pas lui-même un gengiskanide.

Tamerlan, le fondateur de la dynastie timouride, prétendit être descendant de Gengis Khan. Quoiqu'il n'y ait aucune source claire sur ses ancêtres, il s'associa à la famille de Djaghataï par mariage. Il ne prit jamais le titre de Khan mais employa deux membres du clan de Djaghataï comme chefs d'état officiels.

La famille royale moghole d'Inde descend de Tamerlan par Bâbur et de Gengis Khan par la mère de Bâbur. Plus tard on trouve, parmi les leaders tatars d'origine gengiskanide, les Khans de Kazan, Qasim (notamment un tsar, Siméon Bekboulatovitch), et la dynastie Giray, qui régna sur le Khanat de Crimée jusqu'en 1783.

Au fur et à mesure que l'empire russe annexait des états turcs, leurs chefs gengiskanides entraient souvent au service de la Russie. Les descendants de Koutchoum, par exemple, devinrent les tsarévitchs de Sibérie. Les descendants d'Ablaï prirent en Russie le nom Valikhanov, et les fils de Kalmyk devinrent les princes Dondoukov. Toutes ces familles revendiquèrent une lignée gengiskanide.

La seule famille survivante est la maison de Giray, dont des membres quittèrent l'Union soviétique pour les États-Unis et le Royaume-Uni ; ils sont les seuls à avoir encore aujourd'hui un lien généalogique direct quasi-certain avec Gengis Khan.

IV.
La noblesse russe

Après l'invasion mongole de la Russie les chefs Riourikides des principautés russes et la dynastie Bagratide de Géorgie étaient impatients d'obtenir des avantages politiques pour eux et leurs pays en se mariant avec des gengiskanides. Ainsi Alexandre Nevski fut adopté par Batu et déclaré son fils. Le petit-fils d'Alexandre, Iouri III Moskovski, se maria avec une sœur d'Özbeg.

Des princes mineurs d'origine gengiskanide s'installèrent eux aussi en Russie. Par exemple, le neveu de Berké adopta le prénom Pierre et fonda le monastère Saint-Pierre de Rostov, où ses descendants seront longtemps d'importants boyards.

La descendance de trois mariages entre Russes et Mongols peut se tracer jusqu'à nos jours.

Le plus célèbre est celui de Saint Féodor le Noir, plus tard saint patron de Yaroslavl, avec une fille du Khan Mengü Temür. Les relations de Féodor avec le Khan furent idylliques : il passa plus de temps avec la Horde (où on lui donna de grandes possessions) que dans sa propre capitale. Les descendants mâles du mariage de Féodor avec la princesse tatare incluent tous les chefs postérieurs de Yaroslavl et deux douzaines de familles princières (dont les Chakhovskoï, les Lvov, les Prozorovskiy, entre autres) qui passèrent les gènes gengiskanides à d'autres familles aristocratiques de Russie.

Le prince Gleb de Béloozéro, un petit-fils de Constantin Vladimirski, est un autre prince rourikide qui influença beaucoup la cour mongole. Gleb se maria à l'unique fille du Khan Sartaq ; de cette union est née la maison de Belozersk, dont les membres les plus célèbres sont les princes Dimitri Oukhtomskiy et les Beloselskiy-Belozerskiy.

Plus problématique est l'union de Narimont, le second fils de Gediminas de Lituanie, avec la fille de Tokhta. La source la plus ancienne qui parle de ce mariage est la « généalogie jagellonienne », compilée au XVIIIe siècle par Johannes Werner à partir des « chroniques ruthéniennes ». Quoique le mariage ne soit pas impossible (Narimont ayant passé plusieurs années dans la Horde), il n'y aucune autre source qui mentionne sa femme. Cette affirmation est particulièrement intéressante parce que les importantes familles princières Galitzine, Khovanskiy et Kourakine sont des descendants de Narimont.

V.
La noblesse européenne — jusqu’aux Basarab

Les origines gengiskanides des tsars ou rois de Russie et de Géorgie ne peuvent pas se confirmer à l'aide des quelques documents fragmentaires existants. La possibilité d'une telle lignée pour les familles royales d'Europe occidentale est encore moins réaliste. Néanmoins, des généalogistes occidentaux essaient de trouver un lien entre Gengis Khan et Élisabeth II du Royaume-Uni.

La théorie la plus courante est celle de la famille des Basarabi de Valachie, au sud de la Roumanie. Le premier ancêtre sûr des princes Basarabi est un boyard, Thocomerius de Valachie. Il y a plusieurs théories concernant ses origines. Certains généalogistes identifient Thocomerius avec un boyard bulgare, Tikhomir (des mots slaves pour « calme », « paisible ») ; une autre théorie prétend que son vrai nom est Toq-Timur et qu'il est le petit-fils de Batu, le fils de Djötchi.

Plusieurs descendants des Basarabi s'installent en Hongrie. Il a été démontré, de manière convaincante, que la comtesse Claudine de Rhédey est une descendante des Basarabi. Ceci voudrait dire que Mary de Teck et ses descendants, dont Élisabeth II, sont issues de la lignée Thocomerius-Tikhomir-Toq-Timur.

VI.
La dynastie chinoise Qing

Pendant les premières années de la dynastie Qing, le clan mandchou Aisin Gioro avait une tradition de mariages diplomatiques entre eux et les Mongols pour avoir leur soutien. Les nobles Qing faisaient ainsi des dames mongoles des impératrices et des concubines importantes.

Comme les Khortchin étaient la famille la plus forte, les Mandchous avaient hâte de faire des alliances avec les Bordjigin. Ces mariages sont à l'origine de deux impératrices et trois impératrices douairières de la dynastie Qing. Il n'est donc pas surprenant que, de Nurhachi à Shunzhi, toutes les impératrices et concubines importantes furent d'origine mongole.

Xiao Duan Wen devient impératrice en 1636 ; mariée à Huang Taiji, elle est la fille du prince Manjusri. Elle est vue comme une impératrice bienveillante et la plus vertueuse de toutes. On la nomme « Impératrice maternelle impératrice douairière » (sheng mu huang tai hou) en 1643, l'année de la mort de son mari l'empereur. Elle meurt en 1649.

L'impératrice douairière Xiaozhuang est traditionnellement vue comme la mère de la dynastie Qing. Elle est la concubine de Huang Taiji, fille du prince Jaisang et nièce de l'impératrice Xiao Duan Wen. On la nomme « Mère impératrice douairière illuminée » (sheng mu huang tai hou) en 1643 après la mort de l'empereur Huang Taiji. Elle est morte en 1688, ayant aidé l'empereur Shunzhi à s'occuper du pays jusqu'à sa mort, et ayant ensuite aidé Kangxi pendant 25 ans de son règne. Excellente politicienne, elle n'aimait pas intervenir en politique, au contraire de la célèbre impératrice douairière Cixi, mais elle le faisait lorsqu'elle le jugeait nécessaire.

La lignée jusqu’à la famille.

Djötchi → Bessarab → Sinzendorf → Doria · 24 générations
  1. Gengis Khan (Temüdjin)
    n. 1162, † 1227 · des Mongols (Borjigin) · 1° Khan des Mongols 1187–1206, 1° Grand Khan des Mongols 1206–1227
    & 1181c.Börte Fujin, n. 1166c., † 1224 · des Mongols (Qongirat)
  2. 2
    Djötchi
    n. 1182, † 1227 · des Mongols (Borjigin), des Grands Khans des Mongols
    &Oki Fujin Khatun, n. 1190c. · des Mongols (Qongirat)
  3. 3
    Batu « le Splendide »
    n. 1205, † 1256 · des Mongols (Horde Bleue, Horde d'Or) · 1° Khan de la Horde Bleue 1227–1256, 1° Khan de la Horde d'Or 1235–1256
    &Borakchin, n. 1200c., † 1257 · des Mongols (Alchi Tatars)
  4. 4
    Toquqan
    n. 1225, † 1256 · des Mongols (Horde Bleue, Horde d'Or), des Khans de la Horde Bleue et de la Horde d'Or
    &Buka Fujin (Kochu), des Mongols (Qongirat)
  5. 5
    Mongke Temur
    n. 1240c., † 1282 · des Mongols (Horde d'Or) · 5° Khan de la Horde d'Or 1267–1282
    &Oljei Khatun, des Mongols (Qongirat)
  6. 6
    Tochomerius / Tihomir
    n. 1257c., † 1310 · des Bessarab · 4° Voïvode de Valachie
    &Anne, des Bessarab (1° Maison), des Voïvodes de Valachie
  7. 7
    Bessarab II « le Grand »
    n. 1275c., † 1352 · des Bessarab · 6° Voïvode de Valachie
    &Marguerite de Doboka
  8. 8
    Nicolas I Alexandre
    n. 1307c., † 1364 · des Bessarab · 7° Voïvode de Valachie
    &Marie Lakfy
  9. 9
    Elisabeth des Bessarab
    n. 1340c., † 1368c. · des Voïvodes de Valachie
    & 1353Ladislas II de Oppeln (Piast), n. 1332c., † 1401 · 1° Duc de Oppeln Wielun, Comte Palatin de Hongrie
  10. 10
    Catherine de Oppeln (Piast)
    n. 1367, † 1420 · des Ducs de Oppeln Wielun
    & 1382Henri VI « le Moineau » de Sagan Glogau (Piast), n. 1360, † 1397 · 12° Duc de Sagan, 12° Duc de Glogau
  11. 11
    Jean I de Sagan Glogau (Piast)
    n. 1385c., † 1439 · 13° Duc de Sagan
    & 1407c.Scholastique de Saxe Wittenberg, n. 1393c., † 1463c. · des Ducs de Saxe Wittenberg, Princes-électeurs de Saxe
  12. 12
    Anne de Sagan Glogau (Piast)
    n. 1412c., † 1439 · des Ducs de Sagan Glogau
    &Albert de Lindow Ruppin, n. 1405, † 1460 · Comte de Lindow Ruppin
  13. 13
    Anne de Lindow Ruppin
    n. 1430, † 1511 · des Comtes de Lindow Ruppin
    & 1453Georges I « le Vieux » de Anhalt Dessau, n. 1390c., † 1474 · 7° Prince de Anhalt Dessau, 10° Prince de Anhalt Bernbourg
  14. 14
    Ernest de Anhalt Dessau
    n. 1454, † 1516 · 11° Prince de Anhalt Dessau, 12° Prince de Anhalt Bernbourg
    & 1494Marguerite de Podiebrad, n. 1473, † 1551 · Duchesse de Münsterberg
  15. 15
    Jean V de Anhalt Dessau
    n. 1504, † 1551 · 12° Prince de Anhalt Dessau, 13° Prince de Anhalt Bernbourg, Prince de Anhalt Zerbst
    & 1534Marguerite de Hohenzollern, n. 1511, † 1577 · des Princes-électeurs de Brandebourg
  16. 16
    Marie de Anhalt Zerbst
    n. 1538, † 1563 · des Princes de Anhalt Zerbst
    & 1559Albert X de Barby, n. 1534, † 1595 · Comte de Barby Mühlingen
  17. 17
    Marie de Barby
    n. 1563, † 1619 · Comtesse de Barby Mühlingen
    & 1582Josias de Waldeck, n. 1554, † 1588 · Comte de Waldeck Eisemberg
  18. 18
    Christian de Waldeck
    n. 1585, † 1637 · Comte de Waldeck Wildungen
    & 1604Elisabeth de Nassau, n. 1584, † 1661 · des Comtes de Nassau Siegen
  19. 19
    Catherine de Waldeck
    n. 1612, † 1639 · des Comtes de Waldeck Wildungen
    & 1643Philippe Louis de Schleswig Holstein, n. 1620, † 1689 · 1° Duc de Schleswig Holstein Sonderbourg Wiesenbourg
  20. 20
    Dorothée Elisabeth de Schleswig Holstein
    n. 1645, † 1725 · des Ducs de Schleswig Holstein Sonderbourg Wiesenbourg
    & 1661Georges Louis de Sinzendorf, n. 1616, † 1681 · 5° Comte de Sinzendorf, Chevalier du Toison d'Or 1663
  21. 21
    Philippe Louis Wenzel de Sinzendorf
    n. 1671, † 1742 · 7° Comte de Sinzendorf, Chevalier du Toison d'Or 1712, Chancelier de l'Empire Autrichien
    & 1696Régine Catherine de Waldstein, n. 1672, † 1733 · des Comtes de Waldstein
  22. 22
    Jean Guillaume de Sinzendorf
    n. 1697, † 1766 · 8° Comte de Sinzendorf
    & 1716Bianca Maria Sforza Visconti, n. 1697, † 1717 · 9° Marquise de Caravaggio
  23. 23
    Bianca Maria de Sinzendorf
    n. 1717, † 1783 · 10° Marquise de Caravaggio
    & 1736Filippo Domenico Doria Landi, n. 1710, † 1768 · des Princes de Melfi, Comte de Loano
  24. 24
    Andrea Doria Sforza Visconti
    n. 1738, † 1771 · 11° Marquis de Caravaggio
    & 1758Maria Giovanna Doria del Carretto, n. 1743, † 1832 · 5° Duchesse de Tursi, 6° Princesse d'Avella
    1758 · confluence des cinq branches papales dans les Doria

Continuation de la lignée — jusqu’à aujourd’hui

La continuation de la lignée après Andrea Doria ∞ Maria Giovanna Doria del Carretto (1758) — Maria Teresa Doria Sforza Visconti ∞ Marcantonio IV Doria d'Angri 1784 → Livia Doria d'Angri ∞ Giovanni Battista II Carignani 1815 → Margherita Carignani ∞ Augusto I della Posta 1834 → Augusto II della Posta ∞ Beatrice Arnould 1884 → Augusto III ∞ Maria Bianca Gallone 1915 → Simonetta ∞ Aldo Guerri dall'Oro 1939 → Guido → Simon → Léon — est documentée sur la fiche I Papi (le mariage de 1758 est le jalon de confluence des cinq branches papales) et sur les fiches Maria Bianca Gallone, della Posta, Aldo Guerri dall'Oro, Guido Guerri dall'Oro Gallone et Simon Guerri dall'Oro Gallone.

Le monde mongol.

Tribus, clans et l’ascension de Temüdjin
Les Mongols au XIIe siècle

Au X° siècle le peuple mongol a déjà fait parler de lui : les Khitans / Khitaïs ont envahi la Chine du Nord et fondé la dynastie Leao / Liao (907-1125). Au XII° siècle il est installé dans la région du haut Orkhon et du Khangaï, à la place des Turcs Uïghours, puis des Turcs Kirghizes, qui ont fui devant les Khitans.

Les Mongols sont divisés en tribus, lesquelles sont subdivisées en clans. Les tribus sont les suivantes : Bordjigin (celle de Gengis Khan), Qonggirat (celle de Börte, épouse de Gengis Khan), Djadjirat, Djalaïr etc…

A l'est des Mongols on trouve les Tatars (qui sont peut-être de la branche toungouse bien que parlant mongol), qui seront appelés Tartares en Occident par déformation du mot, et qui seront souvent confondus avec les Mongols proprement dits, au grand dam de ces derniers. On trouve aussi les Kereyits / Keraïts, les Naïmans, les Merkits, dont on ne sait pas s’ils sont turcs ou mongols et qui sont de religion chrétienne (nestoriens). On trouve aussi les Ongüts, également chrétiens. Enfin les Tayidjiuts au Nord.

Le nord de la Chine est depuis 1125 passé aux mains de la dynastie Jin / Kin, qui appartient au peuple des Toungouses, tribu des Djürtchets. Le sud est aux mains des Chinois Song et le nord-est aux mains d’un peuple tibétain : les Si-hia / Xixia également appelés Tanguts.

L’ascension de Temüdjin

Le père de Gengis Khan, Yesügeï, est le chef du clan des Qiyats, subdivision de la tribu des Bordjigin. Il s’allie avec les Kereyits, et avec son chef Toghril, qui est son "frère juré " ("anda"). Il kidnappe Hö'elün, la femme d'un Merkit, qui devient la mère de Gengis Khan.

Naissance de Temüdjin, futur Gengis Khan, entre 1155 et 1162, sur la rive droite de l'Onon, au lieu dit Deluun Boldog selon "l'Histoire secrète des Mongols" (ou Dolo'an Boldaq ou Deliun Boldaq ou Dülün Boldaq). Le mot Temüdjin signifie : forgeron (le forgeron, comme le chaman, a la connaissance du fer et du feu).

A 9 ans, fiançailles de Temüdjin avec Börte, la fille du chef du clan des Qongirats. Son père Yesügeï meurt peu après, empoisonné par des Tatars. La mère Höelün et ses enfants (plus le chaman Mönglik) sont abandonnés par la tribu chez qui ils s'étaient réfugiés, les Tayidjiuts ; ils errent pendant longtemps (1 ou 12 ans ?) dans la steppe.

A 11 ans il devient "frère juré " ("anda") de Djamuqa, un Mongol de la tribu des Djadjirats.

A 16 ans Temüdjin tue son demi-frère Bekter qui lui avait volé une alouette puis un poisson. Sa mère le lui reproche durement. Temüdjin est capturé par les Tayidjiuts (dont le Khan s'appelle Tarqudai-Kiriltuq), il est mis à la cangue (carcan de bois serrant le cou et les poignets), mais il réussit à se sauver grâce à Sorqan-chira. Il retrouve sa famille, mais les chevaux de la famille sont capturés par des voleurs. Il réussit à les récupérer grâce à Boortchu, un ami de rencontre. Temüdjin retourne chez les Qongirats et se marie avec Börte. Se fait un nouvel ami : Djelme. Par vengeance contre Yesügeï, le père de Temüdjin, les Merkits capturent Börte. Temüdjin se réfugie sur le Burqan Qaldun, la montagne sacrée, puis avec l'aide de Toghril et de Djamuqa, une bataille contre les Merkits est livrée. Börte absente depuis 9 mois est délivrée. Elle accouche de Djötchi, dont la paternité peut être contestée, mais Temüdjin accepte l'enfant. Elle accouchera encore de 3 autres fils (Djaghataï, Ögödeï et Tului) et de filles inconnues. Temüdjin et Djamuqa renouvellent leur union puis se séparent, chacun entraînant ses alliés. Parmi ceux de Temüdjin : Süböteï, frère de Djelme.

Chronologie des conquêtes.

De l’élection comme Khan à la mort · 1195–1227
1195c.
Élection comme Khan Peut-être en <strong>1195</strong> ou <strong>1197</strong>, Temüdjin est élu Khan par l'aristocratie mongole sous le nom de Tchinggis Qaghan au cours d'un quriltaï (assemblée des chefs). Tchinggis Qaghan / Gengis Khan, qui signifie chef "océanique" c'est-à-dire universel, commence à promulguer des lois recueillies dans un code appelé "yasaq". Bataille contre Djamuqa, son ancien allié, et défaite probable de Gengis Khan. Le vainqueur fait bouillir les chefs d'un groupe de Tchinos dans 70 marmites et les mange. Gengis Khan rétablit Toghril, le Kereyit, sur le trône duquel il avait été chassé en 1198. Les Kereyits et les Mongols s'associent pour battre les Tatars. Les Chinois décernent le titre de roi (Ong Khan) à Toghril. Les Djürkins qui n'avaient pas voulu aider Gengis Khan sont battus, les 2 chefs ont la tête tranchée par Gengis Khan lui-même.
1201
Victoire sur Djamuqa <strong>1201</strong> est la première date historique mentionnée dans les sources :Djamuqa est élu Gur Khan, ou Khan universel par un quriltaï (assemblée de chefs). Bataille entre Djamuqa d'une part et Toghril et Gengis Khan de l'autre; victoire de ce dernier, mais il a été blessé au cou. Il est sauvé par Djelme qui suce la plaie et qui va chercher du lait de jument dans les rangs ennemis. Gengis Khan rencontre un homme qui lui avoue avoir blessé son cheval ; par noblesse de cœur, Gengis Khan le prend à son service, il s'agit de Djebe ("la flèche"), un de ses futurs grands généraux (conquérant du Semiretchié, de la Kachgarie, vainqueur des Perses, des Géorgiens et des Russes).
1202
Les Tatars écrasés En <strong>1202</strong> les Tatars sont écrasés définitivement et incorporés à l'armée mongole. Gengis Khan prend deux sœurs tatares, Yesui et Yesugen, comme épouses et fait trancher la tête du mari de la première. Toghril et Gengis Khan se déclarent père et fils. Les Naïmans sont écrasés par Toghril et Gengis Khan. Puis renversement d'alliance : Gengis Khan est attaqué par les Kereyits de Toghril (et son fils le Senggün) et par Djamuqa, et il se replie à l'est (Mont Grand Khingan).
1203
Les Kereyit soumis En <strong>1203</strong> Gengis Khan revient vers les sources de la Tola et bat les Kereyits qui seront désormais incorporées dans les troupes mongoles. Il épouse Ibaqa, une des nièces de Toghril et donne l'autre, Sorgaqtani, en mariage à son fils Tului. Sorgaqtani, de religion nestorienne, sera la mère des Khans Mongka, Khubilaï (empereur de Chine) et Hülegü (Khan de Perse). La même année Toghril est assassiné. Sa tête est portée à Tayang, roi des Naïmans, qui lui fait rendre un culte, mais la tête sourit.
1204
Les Naïmans battus En <strong>1204</strong> Gengis Khan bat les Naïman ; le roi Tayang est tué, son fils Kütchlüg s'enfuit chez les Qara-Khitaï (à l'est de l'Issiq Kul). Gengis Khan prend Gürbesü, nièce de Tayang, comme épouse. Les Ouïghour, qui étaient au service des Naïman, passent au service de Gengis Khan et lui confient le sceau royal. Les Merkit sont également battus ; leur chef Toqto'a s'enfuit. Gengis Khan donne Töregene, belle-fille de Toqto'a, en mariage à son propre fils Ögödeï et lui-même s'unit à une reine merkit, Qulan ("Mme Hémione" ; l'hémione est une variété d'âne), après s'être assuré de sa virginité.
1205
Mort de Djamuqa En <strong>1205</strong> Toqto'a est tué d'une flèche dans l'Altaï. Djamuqa est livré à Gengis Khan et mis à mort par étouffement (sans verser le sang). Gengis Khan a 50 ans s'il est né en 1155, il lui reste 21 ans pour conquérir le monde.
1206
Grand Khan des Mongols En <strong>1206</strong> Un quriltaï (assemblée générale) sur les rives de l'Onon renouvelle les pouvoirs de Gengis Khan. Celui-ci récompense ses fidèles. Il donne son épouse Ibaqa à Jürcedei en raison de ses exploits militaires. Conquête de la Sibérie du sud par Djötchi (contre les Kirghizes, les Oïrat, les Tümet, etc…). Boro'ul, un des quatre braves, est tué par les Tümet. Le chaman Kökötchü, dit Teb-Tenggeri ( \= "le très céleste"), fils de Mönglik est mis à mort sur ordre de Gengis Khan pour avoir pris trop d'importance dans la conduite des affaires politiques.
1209
La Route de la Soie En <strong>1209</strong> Gengis Khan s'allie avec les Öngut (Turcs de religion nestorienne, au nord de la Grande Muraille). Les Ouïghour (qui sont des Turcs, demeurant dans le Sin-kiang - Xinjiang - actuel) et les Qarluq (qui sont également des Turcs, demeurant dans le Semiretchié, au sud du lac Balkhach) lui rendent hommage. Gengis Khan contrôle désormais la Route de la Soie. Campagne contre le royaume des Tangut (ou Si-hia ou Xixia) au nord de la Chine (pays Ordos) ; durera 24 ans, et Gengis Khan y succombera. En 1209 Gengis Khan devient suzerain du royaume tangut.
1211
Campagne de Chine du Nord Campagne en <strong>1211</strong> contre la Chine du Nord gouvernée par la dynastie des Jin (ou Kin). Victoire mongole à Ye Hu Ling, puis passage derrière la Grande Muraille. Les trois armées mongoles contournent Pékin. Gengis Khan s'arrête devant le Fleuve Jaune (ou Huang He).
1212
Conquête de la Mandchourie Conquête de la Mandchourie par Djebe en <strong>1212</strong>, avec l'aide des Khitaï, anciens souverains de la Chine.
1214
Paix avec les Jin En <strong>1214</strong> Paix avec la Chine des Jin (ou Kin). Le Roi d'Or offre à Gengis Khan "de l'or, de l'argent, des soieries", 500 garçons, 500 jeunes filles, 3000 chevaux et une princesse de sang pour lui-même. Retour en Mongolie.
1215
Prise de Pékin En <strong>1215</strong> 2ème campagne de Chine, prise de Pékin, mais Gengis Khan ne la visite pas. Famine et guerre civile en Chine. Le Roi d'Or (Jin ou Kin) s'est retiré derrière le Fleuve Jaune, à K'ai-fong (Kaifeng). Gengis Khan s'attache un conseiller en la personne de Ye-liu Tchou-tsai (Yelü Chucai), aristocrate khitan auparavant au service des Jin (ou Kin). Grâce à lui Gengis Khan ne transforme pas la Chine en prairie. C'est un spécialiste de la scapulomantie (divination par les omoplates calcinées d'animaux).
1216
Mandchourie (suite) <strong>1216</strong>, suite de la conquête de la Mandchourie par Djötchi, Qasar et Muqali.
1217
Turkestan oriental <strong>1217</strong> Gengis Khan retourne en Mongolie et laisse Muqali diriger les opérations en Chine. Il envoie Djebe contre Kütchlüg qui avait constitué un royaume aux dépens des Qara Khitaï ; Kütchlüg est tué. Le Turkestan oriental (régions musulmanes de Kachgar, de l'Issiq Kul, du Tchou, de l'Ili) est rattaché à l'empire mongol.
1219
Guerre au Kharezm <strong>1219</strong> Pendant l'absence de Gengis Khan, c'est l'otchigin (le plus jeune frère), Temüge, qui gouverne la Mongolie. Suite à l'exécution de 450 hommes d'une caravane de marchands dans la ville d' Otrar au Kharezm, Gengis Khan déclare la guerre à ce pays dirigé par Muhammad Chah et qui comprend : l'Iran, la Transoxiane et l'Afghanistan. Avant de partir, Gengis Khan fait son testament et nomme son fils Ögödeï pour successeur (et non Djötchi, l'aîné, à cause du doute sur sa naissance).
1220
Boukhara et Samarcande <strong>1220</strong> Prise et pillage de Boukhara, puis de Samarkand. Gengis Khan fait tuer les Turcs qui demandent à se rallier à lui, car à ses yeux ce sont des déserteurs. Il envoie Djebe et Süböteï aux trousses de Muhammad Chah, début de l'aventure qui va se terminer en Russie. Muhammad Chah va se cacher dans une île de la Mer Caspienne où il meurt.
1221
Ourgench et le Khorassan <strong>1221</strong>, près 7 mois de siège, Gurgengj (ou Urgench, actuelle Kohne Urgench), la capitale du Kharezm, est prise et détruite ; elle sera reconstruite à côté en 1231. Djötchi restera désormais dans cette région qui est son apanage, ses relations avec Gengis Khan se refroidissent. De même Balkh (l'ancienne Bactres en Afghanistan) est prise et détruite par Gengis Khan. Le Khorassan est conquis par Tului (la population des villes de Merv, Nichapur et Hérat est massacrée ; à Merv les cadavres sont décapités, construction de pyramides de têtes ; Nichapur est rasée et ne sera pas reconstruite). Gengis Khan traverse l'Hindu Kush pour attaquer le fils de Muhammad Chah, Djalal al-Din. Au siège de Bamiyan, un des petits-fils de Gengis Khan, Mutugen (fils de Djaghataï) est tué. La citadelle de Bamiyan est rasée. Mais les Mongols subissent une défaite à Perwan. Du coup Hérat se rebelle, est reprise, sa population est massacrée. Bataille contre Djalal al-Din sur la rive droite de l'Indus, mais ce dernier s'échappe en traversant le fleuve à la nage. Ghazni (Afghanistan) est prise et détruite par Ögödeï. Les villes de Merv et de Balkh sont à nouveau mises à sac. L'Iran oriental (Khorassan et Afghanistan) ne se relèvera pas de cette destruction. Gengis Khan prend le chemin du retour. Il met en place une administration dans les pays conquis (darugatchi \= préfet). Il se fait aider par deux lettrés musulmans transoxianais. Pendant ce temps, Djebe et Süböteï continuent leur raid à l'ouest ; ils traversent l'Azerbaïdjan, puis la Géorgie, puis au-delà du Caucase attaquent les Alains et se retrouvent dans la steppe d'Ukraine face au royaume des Kiptchaks (ou Polovtses ou Comans ), qui sont des Turcs installés sur le territoire précédemment occupé par les Petchénègues (fin 9è siècle à 1122) et avant eux par les Khazars (626-1016).
1222
La bataille de la Kalka <strong>1222</strong> Les Russes appelés en renfort par les Kiptchaks sont battus à la bataille de la Kalka, petit fleuve de la mer d'Azov. Le prince de Kiev est enroulé dans un tapis et étouffé. L'asservissement de la Russie aux Tatars commence, et pour deux siècles et demi. Rencontres de Gengis Khan et du moine taoïste Qui Changchun (ou Tch'ang-tch'ouen) près de l'Amou-Darya, puis à Balkh, puis à Samarkand. En réponse à une question, Qui Changchun avoua à Gengis Khan qu'il ne disposait d'aucun élixir d'immortalité. Après quelques entretiens sur le taoïsme Qui repartit. Par la suite Gengis Khan exempta d'impôts les disciples de Qui. Qui Changchun est enterré au monastère des Nuages Blancs (Baiyun Guan) à Pékin. A Bukhara, Gengis Khan se fait expliquer l'islam par les ulema.
1223
Retour de Djebe et Süböteï <strong>1223</strong> Djebe et Süböteï rentrent chez eux en passant par le royaume bulgare de la Kama (peuplé de Turcs musulmans) ; ils rejoignent Gengis Khan dans la vallée de l'Irtych.
1225
Retour en Mongolie <strong>1225</strong> Retour de Gengis Khan en Mongolie.
1226
Campagne contre les Tangoutes <strong>1226</strong> Campagne contre les Tanguts qui avaient failli à leur promesse d'envoyer une aide. En chassant, Gengis Khan tombe de cheval. Forte fièvre.
1227
Mort de Gengis Khan En février <strong>1227</strong> mort de Djötchi, le fils aîné de Gengis Khan, dans son apanage au nord de la mer d'Aral. <em><strong>Gengis Khan meurt en Chine en 1227, peut-être le 12 août 1227, près de Ts'ing-chouei (Tianshui), au nord de la rivière Wei, dans le Gansu oriental, à 300 km au sud de Ning-hia ou Eriqaya (moderne Yinchuan), la capitale des Tanguts, qui venait d'être prise.</strong></em> La dépouille est transportée en Mongolie. Gengis Khan est enterré au pied d'un arbre, près du mont "Burqan Qaldun" (actuel massif du Kentei, Mongolie), mais depuis la tombe reste introuvable.
1956
Le mausolée d’Ejen-Khoroo Sur le site d'Ejen-Khoroo (ou Edzen-Khoro), dans les Ordos en Mongolie Intérieure, se trouve le mausolée de Gengis Khan bâti en <strong>1956</strong>, saccagé pendant la révolution culturelle et restauré en 1979. Il renferme des reliques (objets ayant appartenu à Gengis Khan tels que armes, coffrets, selles, bannières ou plutôt des reproductions, suite aux destructions des gardes rouges), qui font l'objet d'un culte entretenu par la tribu des Darkhads.

Les proches et les fidèles.

Les compagnons des conquêtes

Les quatre braves

  • Muqali de la tribu des Djalaïrs
  • Boroul du clan des Djürkins, enfant trouvé
  • Boorcu du clan des Arulads
  • Cila'un de la tribu des Djalaïrs

Les quatre « chiens »

  • Sübe'etei Süböteï, de la tribu des Uriangqais, cadet de Jelme
  • Qubilai du clan des Barulas
  • Jelme de la tribu des Uriangqais, aîné de Sübe'etei
  • Jebe Djebe, "Flèche", du clan des Besüds

Les quatre fils adoptifs de Höelün

  • Kücü trouvé dans le camp des Merkits
  • Kököcü trouvé dans le camp des Besüds
  • Siki Quducu trouvé dans le camp des Tatars
  • Boroul trouvé dans le camp des Djürkins, l'un des quatre braves

Altre discendenze celebri.

Quindici linee che confluiscono nella casata
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